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Au Chili, un atelier d’hortithérapie pour des personnes handicapés

Paru dans le numéro de novembre-décembre 2014 de la revue Ombres & lumière, un article intitulé "Fondacio au Chili, quand les plantes donnent vie" présente une proposition originale pour des personnes touchées par un handicap.

« Présente dans plus de 20 pays, la communauté Fondacio a à cœur de s’impliquer auprès des plus fragiles, à travers une trentaine de projets dans le monde. Au Chili, la communauté s’adresse tout particulièrement aux personnes touchées par un handicap en leur proposant de suivre un atelier d’hortithérapie.

Attentive aux différentes pauvretés de notre monde, la communauté Fondacio répond au Chili à un besoin des personnes en situation de handicap. Dans ce pays où les inégalités sociales sont étonnantes pour nous européens, on voit facilement un bidonville accolé à un quartier résidentiel de villas avec piscines. Devant de telles disparités, les personnes porteuses d’un handicap ne sont bien sûr pas épargnées, surtout celles vivant avec très peu de ressources. En plus du manque de moyens de leur famille, le manque d’éducation, la crainte du regard des autres sont souvent source de stigmatisation et d’isolement. Au sein même de leur famille, le handicap est mal perçu, et la personne handicapée n’a d’autre choix que d’être recluse chez elle.

Passé l’âge de 24 ans, les personnes handicapées ne sont plus aidées par l’Etat. Elles se retrouvent donc isolées, et leurs familles, souvent dans une très grande pauvreté, doivent subvenir à leurs besoins. Dans un pays où le salaire minimum est de 190 euros, il est très difficile de se passer d’une source de revenu. Les personnes ayant subi un traumatisme ont quant à elles droit à 2 ans de rééducation, mais sont ensuite livrées à elles-mêmes. Si 30% des chiliens ayant un handicap travaillent, les autres se retrouvent donc à la charge de leur famille.

A Huechuraba, une banlieue pauvre de Santiago, Fondacio Chili s’est installé. Outre divers programmes d’aide aux plus pauvres (construction de maisons, maraudes, bibliothèque pour enfants…), Fondacio a créé un atelier d’hortithérapie.

Si tu aides une plante à grandir, elle va aussi t’aider
A travers cet atelier d’hortithérapie, ce sont une dizaine de personnes porteuses d’un handicap qui apprennent à apprivoiser le monde qui les entoure, mais aussi à se trouver elles-mêmes. Véritable thérapie par les plantes, cet atelier est aussi une opportunité de se rencontrer. D’abord proposé aux habitants du bidonville, et devant son succès et ses effets bénéfiques, cet atelier est ensuite apparu comme idéal pour les personnes en situation de handicap. Porte d’entrée vers soi-même et vers les autres, il permet d’avoir un but commun tout en menant une activité qui demande engagement, rigueur, mais aussi douceur. La majorité des personnes fréquente le "club" depuis plusieurs années, et c’est tout un rituel. Depuis le taxi qui vient spécialement les chercher chez eux, jusqu’au goûter partagé avec les amis, en passant par le travail des plantes, autant de moments qui font se sentir "spécial", mais autrement. Cultivant des plantes aux vertus médicinales, comme le romarin, la mélisse, le laurier, la lavande, c’est une petite entreprise qu’il faut gérer ! Un moyen de financer l’activité, et aussi la satisfaction de vendre des produits qui viendront en aide à d’autres.

Pour Monica, atteinte du syndrome de Morquio, c’est depuis 7 ans un véritable échappatoire, et un moyen de développement personnel. "Si tu aides une plante à grandir, elle aussi va t’aider. Tu prends soin d’elle et elle prend soin de toi en retour". Cet atelier est aussi un chemin vers Dieu, qui la rapproche de l’essentiel et du mystère divin. L’atelier est dirigé par les participants eux-mêmes, sous l’oeil bienveillant de Monica Espinoza, ergothérapeute et initiatrice du projet. Rosita, présidente du club qui se réunit une fois par semaine, raconte : "Je suis transformée par les plantes. A leur contact, je me sens une autre personne : chez moi je suis un poids, ici je suis libre." Plus qu’une simple activité, cet atelier est un chemin de vie, comme le dit Monica : "Cet atelier m’aide à m’accepter, et, en élevant cette plante, c’est moi aussi qui grandis. Le fait de fréquenter des personnes qui sont dans la même situation que moi fait que je ne me sens plus seule face à mon handicap, je sais maintenant que je peux poursuivre mes rêves et bâtir mes projets : ce que l’on m’apprend aujourd’hui, c’est moi qui l’apprendrai à d’autres à l’avenir." »

Marie-Ombeline Amiot

Sources : Ombres & Lumières n°202 - novembre-décembre 2014

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